Madagascar: 2020, une année particulière pour la campagne de récolte du litchi

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Sur les marchés de la capitale malgache, les premiers litchis viennent de faire leur apparition.
Sur les marchés de la capitale malgache, les premiers litchis viennent de faire leur apparition. Sarah Tétaud/RFI

À Madagascar, les exportateurs de litchis vivent depuis le 13 novembre, date d’ouverture de la récolte du fruit, les huit jours les plus cruciaux de la saison. Seule vraie inconnue : les acheteurs occidentaux mettront-ils le litchi sur la table des fêtes ?

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Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Camions, camionnettes, charrettes : un véritable balai de transporteurs de litchis a lieu en ce moment à Tamatave, dans l’est de Madagascar. En moins de dix jours, 15 000 à 20 000 tonnes du petit fruit rosé transiteront par les deux seules routes de la ville qui convergent vers le port. Là-bas, les grues s’activent pour remplir la cale du navire qui doit prendre le large lundi soir.

Si la Grande Île est le troisième plus gros producteur de litchi au monde après la Chine et l’Inde, elle est surtout le premier fournisseur de l’Union européenne. Pour tenir son rang, le premier des deux bateaux conventionnels remplis du petit fruit à chair claire doit quitter le port de Tamatave le 16 novembre avec à son bord 7 800 tonnes du fruit frais, direction Marseille, avant de rallier la Belgique.

Saison précoce

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Cette année, le fruit a mûri avec un peu d’avance. Pour Georges Geeraerts, le vice-président du Centre technique horticole de Tamatave en charge des analyses du fruit avant exportation (calibre, taux de sucre, taux de soufre à l’intérieur et sur la coque, analyses réalisées toutes les huit heures, mises à disposition des exportateurs et des importateurs), il s’agit d’une très bonne nouvelle.

« Une saison précoce est l’assurance d’avoir une qualité au rendez-vous puisqu’on ne va pas se précipiter trop tôt pour cueillir les fruits et donc, on a des fruits de bonne maturité, de bon calibre, estime-t-il. Plus c’est précoce, plus tôt on arrive dans les étals, et mieux c’est. Tout ce qui se passe avant Noël est mieux que ce qui se passe après. Les importateurs sont toujours intéressés à être présents dans les étals deux à trois week-ends avant Noël ».

Mais cette année, justement, les importateurs ont diminué leur commande. Moins 20% de volume acheté pour le marché européen, par peur que les clients finaux, confinés, ne soient pas au rendez-vous. Le prix devrait lui aussi être inférieur à celui des années précédentes.

« Les importateurs ne nous ont pas payés encore, explique cet exportateur malgache. Ils ont payé une partie pour qu’on puisse avancer un peu le travail, pour nos frais ici. Mais il n’y a pas de garantie cette année. Aucune certitude sur le prix d’achat final. Ils se disent : « On ne sait pas, on va peut-être vous payer 0,90 euro, 1 euro, 1,20 euro par kilo FOB (sans les frais de transport ni d’assurance) ». Personne ne sait. On verra à la vente. On est vraiment dans l’attente de la réaction des consommateurs européens ». Le second navire devrait quitter la ville portuaire malgache vendredi 20 novembre. Pour arriver quinze jours après sur les côtes françaises.

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