Sénégal : Découvertes du pétrole et nouvelles niches de formation

Sénégal : Découvertes du pétrole et nouvelles niches de formation

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La découverte du pétrole au Sénégal, en plus de secouer le champ politique et les débats économiques, n’a pas épargné le secteur de l’enseignement supérieur.

 


Sénégal : Découvertes du pétrole et nouvelles niches de formation
Plus ou moins positivement. Elle a été à l’origine de la mise en place de nouvelles niches de formation afin de doter le Sénégal d’experts, de cadres et une ressource humaine de qualité qui pourraient porter le débat mais également les activités qui découlent du secteur. Les possibilités d’emplois sont immenses avec l’exploitation du pétrole, car elle touche plusieurs secteurs d’activité nécessitant une ingénierie.

C’est conscient de cela que l’Etat du Sénégal a été le premier bailleur à investir dans l’enseignement supérieur des métiers du pétrole avec la mise en place d’un Master public avec le lancement de l’Institut national du Pétrole et du Gaz (INPG) à Diamniadio.

Apprentissage des métiers du pétrole : l’Etat ouvre le bal avec l’INPG

Avec un effectif réduit de 22 étudiants choisis suite à une rude sélection de candidatures, l’INPG a été lancé le 23 octobre 2018 par le Président de la République Macky Sall. Il avait précisé que cet institut a pour rôle de développer le potentiel de la jeunesse et de rehausser les niveaux d’expertise de l’administration afin de répondre aux défis de l’industrie pétrolière et gazière.

« Il faudra donc une formation de qualité et un savoir-faire pointu de l’industrie pétrolière et gazière. L’INPG viendra renforcer notre système d’enseignement supérieur avec une offre de formation spécialisée dans les métiers du pétrole du gaz » a indiqué le Président Macky Sall

Et en soutenant cela, il n’a pas manqué de préciser qu’il ne comptait pas accepter que cet établissement soit un incubateur de contestation. Le droit de grève est inexistant pour ces étudiants qu’il caricature comme des « ambassadeurs de la perfection et de l’expertise » qui devraient représenter le Sénégal dans les hautes sphères des hydrocarbures mondiales.

Et c’est dans cette logique que le président Macky Sall a invité les 22 étudiants de la première promotion du Master de l’institut national du pétrole et du gaz à se concentrer sur leurs études et à mettre de côté toute idée de contestation, de grève et de rébellion. « Chassez tout esprit de contestation et de revendication. Vous n’êtes pas là pour cela mais pour être des produits de qualité. Je vais demander qu’on inscrive dans les statuts de l’NPG qu’il n’y a pas de droit de grève. Je ne blague pas. Parce que là, nous sommes vraiment dans le monde de l’industrie, dans des choses très sérieuses qui ne peuvent pas aller avec ces genres de comportement » avait–il balancé. Pour lui, cette première promotion est un porte -étendard de plusieurs générations d’experts futurs et elle n’a pas le droit de faillir à cette mission. « En pionniers, vous avez le privilège de contribuer à la construction de ce nouveau chantier qui est un maillon important de notre système d’enseignement supérieur » a soutenu le Président Macky Sall.

Poursuivant dans ce registre de mise en garde et de conseils teintés de menace, il a insisté sur leur responsabilité à ne point échouer. « Vous avez donc la responsabilité de perpétuer la riche tradition d’excellence de cet institut, gage de compétitivité dans le monde du travail ». Tout de même, il a promis de mettre en place tous les moyens nécessaires pour que ces étudiants soient dans les meilleures conditions. Et il l’a bien fait savoir au directeur de l’INPG. « Il faut qu’il ait tout ce qu’il faut pour se concentrer dans leurs études pour être des produits qui vont servir l’Afrique ainsi que le monde », a-t-il intimé.

Quand le pétrole s’invite dans les filières des universités privées sénégalaises

A côté de l’INPG qui est un établissement dont les étudiants sont intégralement pris en charge par l’Etat, les établissements privés d’enseignement supérieur ont également intégré la question des hydrocarbures dans leurs offres de formation.

C’est le cas à Supdeco où le Directeur Général Adjoint, Abdou Aziz Sy a clairement affirmé que les formations dans ce domaine vont peut-être accroitre. « Nous avions déjà anticipé en créant un Master en trading et logistique du pétrole depuis maintenant 5 ans et c’est vrai que cette formation ne désemplit pas. Nous avons beaucoup de candidature, mais malheureusement nous ne pouvons pas recruter plus de 30 étudiants » a renseigné Abdou Aziz Sy.

Rejoignant le chef de l’Etat dans sa position de mettre en avant le sérieux autour de cette question pétrolière, le Directeur Général Adjoint de Supdeco s’est interrogé sur plusieurs inquiétudes à relever. « Il faut voir le sérieux d’abord de ces formations parce que vous savez Lorsqu’il il y a une découverte de pétrole, il y’a un besoin qui se crée et beaucoup s’y engouffrent et créent des formations un peu partout pour capter la demande. Cela dit est ce que ces formations sont sérieuses, est ce qu’elles ne vont pas être un miroir aux alouettes ; est ce que l’État contrôle correctement ces formations en terme de qualité ; est ce que le corps professoral est de qualité parce que tout le monde maintenant s’improvise spécialiste du pétrole. Ils donnent tous un éclairage sur des aspects du secteur pétrolier alors que c’est une science qu’il faut maitriser par des années de pratique au plus haut niveau. Les vrais spécialistes sont dans leurs coin, profitent de leur vie et de leurs émoluments et s’expriment rarement. Par contre ceux qu’on entend tous les jours, à mon avis, beaucoup parmi eux ne sont pas des spécialistes » a averti le boss de Supdeco.

Il a par ailleurs invité au réalisme parce que les exploitations n’ont pas encore démarré, et les spécialistes ne courant pas dans les rues, il faut former les populations. Et il précise bien que leur offre de formation à Supdeco s’est focalisée sur la partie avale. « Donc nous, nous formons des directeurs financiers, des directeurs d’approvisionnements, des responsables de stockages, nous formons également des traders, etc. » a conclu M. Sy.

Un grand défi

De son côté, le Directeur général de Saint Michel et de l’université catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO), Jean Marie Sène est d’avis que pour ces nouvelles niches, le PSE (Plan Sénégal Emergent) a identifié plusieurs secteurs porteurs. Tout en reconnaissant qu’il y a une panoplie de métiers liés au pétrole d’où un rush vers le secteur, Jean Marie Sène estime que c’est une opportunité pour le Sénégal et les écoles doivent embrasser la filière. « Il ne s’agit pas pour tout le monde de foncer tête baissée dans ça. Parce que le Sénégalais à un gros problème. Il suffit qu’une seule personne fasse quelque chose pour que tout le monde veuille le faire. Cela ne nous mène à rien, parce que c’est le suivisme » a conseillé M. Sène.

Poursuivant son argumentaire, il se met dans une posture de protectionnisme qui voudrait que les enseignants du secteur soient bien formés pour que tout ne vienne pas de l’extérieur. Le DG de l’UCAO soutient que le plus important, c’est que ceux qui ont le potentiel puissent se lancer réellement de manière claire pour orienter les enseignements vers ce secteur et éviter ce qui a toujours eu lieu au Sénégal c’est-à-dire dépendre encore de l’extérieur. « Les technologies viennent de l’extérieur, le savoir aussi. Et après, c’est l’extérieur aussi qui récolte la valeur ajoutée et qui l’amène à l’extérieur. Le Sénégalais lambda risque de ne pas en bénéficier. Donc c’est un grand défi que nous avons devant nous » a-t-il indiqué

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